Trépied photo – Bien choisir

Si vous n’avez jamais utilisé un trépied photo, vous n’avez sans doute pas exploré beaucoup de genres photographiques, ou pas en profondeur. Il y a en effet peu de domaines dans notre discipline préférée où le trépied ne trouve pas son utilité. Mais tout comme choisir un appareil photo ou un objectif n’est pas chose facile, choisir un trépied, ce bête instrument à trois pattes (bête en apparence), requiert de prendre un peu de temps pour explorer pas mal de paramètres.

Car oui, un trépied ce n’est pas qu’un petit support et trois pattes, c’est un ensemble de composants qui font qu’à la fin pourrez:

  • avoir perdu de l’argent
  • être déçu du service rendu par le matériel car non adapté
  • être déçu du résultat car le matériel ne remplit pas sa mission

Je vous le dis tout de suite, exit les trépieds à 30-50 balles car soit:

  • ils vous dégoûtent des fabuleux services d’un trépied
  • un élément casse ou devient défectueux. Typiquement un élément de serrage ne serre plus
  • ils cassent et abiment l’appareil et/ou l’objectif qui sont dessus en causant une chute
  • ils ne sont pas assez performants et vous devez racheter un trépied qui correspond à votre attente minimale

Dans tous les cas, vous avez perdu 30-50 balles. Beaucoup plus si l’appareil est tombé…

Trépied

Un trépied pour quoi faire?

Tellement de choses… Je vais me contenter d’énumérer les situations où ce sera votre meilleur allié.

  • Éviter le flou de bougé si vous devez utiliser une vitesse un peu lente, c’est toujours le cas en situation de basse luminosité
  • Toutes les poses longues artistiques: Cours d’eau, mer, nuages, parfois associé avec un filtre ND
  • Photos de feu d’artifice, ou même de nuit en général
  • En studio, c’est classique
  • Faire du lightpainting
  • Le portrait: Seul pour un auto-portrait ou pour être sur la photo de groupe avec les copains, la famille
  • Les panoramiques pour des assemblages photo
  • Très, très pratique en macro
  • En animalier pour supporter longtemps le poids d’un objectif lourd et ne pas trembler avec de longues focales
  • En vidéo, quasi indispensable
  • Faire du HDR, pour avoir les 3 ou 5 photos strictement cadrées pareil
  • En astrophotographie évidemment

Tous les photographes de paysage notamment devraient posséder un trépied, sans quoi ils risquent de laisser passer des occasions… Ce sera pour certains l’occasion d’élargir leurs pratiques: HDR comme je le disais ci-dessus, utilisation de filtres ND, etc…

Voyons donc les nombreux point à vérifier avant de faire le bon choix. Un trépied durera des années et des années, autant choisir le bon. La hiérarchie des critères différera en fonction du style de photo que vous pratiquez. Par exemple un photographe de studio se fichera du poids du trépied…

Le poids supporté

Critère essentiel. Mettez un plein format (full frame) avec un 500mm de 2 kilos dessus, le tout sur un trépied avec des pattes de cigogne… Prenez donc de la marge: Pesez votre objectif le plus lourd monté sur votre boitier et multipliez par 2, ce sera une bonne base. Ainsi même si vous deviez acquérir à l’avenir un objectif plus lourd, vous serez toujours dans les clous.

Le poids du trépied lui-même

En ce qui me concerne, c’est un critère CA-PI-TAL, mais vous n’êtes pas moi, et moi pas vous, et chacun fait ce qu’il veut. En tout cas, j’ai choisi un appareil micro 4/3 pour me balader léger, ce n’est sûrement pas pour me pourrir la vie avec un trépied de 3 kilos. Il faudra bien parler des matériaux, c’est peut-être bien le moment:

  • Trépied en plastique: On en revient à notre gadget à 30-50 balles, oubliez. C’est pas solide, tout peut casser à tout moment, c’est pas stable du tout, ça ne vaut rien. Les trépieds d’entrée de gamme sont en plastique, à fuir.
  • L’aluminium: Beaucoup, beaucoup mieux. L’alu est léger, beaucoup plus résistant, il n’est pas flexible. Le trépied gagne aussi en stabilité.
  • Le carbone: Le top du must: Résistant, léger, joli. Mais on n’a rien sans rien: c’est nettement plus cher. Malgré tout, c’est le choix que j’ai fait, car de la même manière qu’un objectif ou un boitier, on le garde longtemps, on a envie de l’utiliser et pas de le laisser dans le coffre de la voiture ou dans le placard parce qu’il est lourd et embarrassant. Et le gros point fort du carbone, pour ceux que ça pourrait concerner, c’est qu’il ne craint pas l’eau de mer !!! La corrosion, les trucs qui grippent au bout d’un moment, il ne connait pas !

La taille

Alors, il y a taille, taille et taille 😉

La taille maximale déplié

Si vous faites 1m95 et que vous prenez un trépied d’1m30… Je ne vous fais pas un dessin, le confort d’utilisation en pâtira beaucoup. Prenez donc ce critère en compte au moment de l’achat.

La taille minimale plié

Encore un facteur important pour moi. Il est sanglé sur mon sac photo et je n’ai pas envie d’avoir les pieds qui me tapent dans le dos ou qui butent partout. A vous de voir si c’est un problème pour vous, si vous êtes à 10cm près ou pas pour le caler dans une valise, etc…

La taille minimal déplié

Je pense par exemple, et surtout même, aux photographes qui s’intéressent au monde merveilleux du tout petit, comme les insectes au sol par exemple. Les adeptes de macro (macrophotographie) aiment tout particulièrement les trépieds qui permettent d’inverser la colonne, comme ceci:

Trépied inversé

Ils peuvent servir de trépied “normal”, la tête en haut, et comme ici offrir en plus la possibilité de mettre l’appareil au ras du sol. Pas mal hein?

D’autres apprécieront aussi la possibilité de basculer la colonne centrale à 90°, comme ceci:

Trépied 90°

Le système de réglage (la rotule)

Deux écoles: Le système lent mais précis vs le système rapide mais un poil moins précis.

La rotule 3D

C’est celui que privilégient, en général, les photographes de paysage. Il permet, comme son nom l’indique, de bouger l’appareil dans les 3 axes avec 3 molettes différentes. C’est extrêmement précis, mais plus de molettes veut dire plus de temps. Bon, c’est une affaire de secondes, ne dramatisons pas, mais pour certains, ça compte. A vous de voir selon votre pratique photo… Si vous avez toujours le temps de prendre vos photos, c’est un bon choix.

La rotule-ball

Une boule, un molette. C’est tout… Dès que c’est déverouillé, vous pouvez bouger l’appareil dans tous les sens. C’est donc rapide, mais forcément moins précis. Ceci dit aujourd’hui beaucoup d’appareils proposent un niveau électronique que vous pouvez afficher sur l’écran de votre boitier pour être sûr que l’appareil est bien droit, sans compter que certains trépieds sont eux-aussi équipés de niveaux.

A noter que certains modèles possèdent une deuxième molette qui permet de bloquer la boule dans le sens bas-haut et inclinaison gauche-droite, mais laisse la possibilité de bouger l’appareil en panoramique. Je vous suggère fortement de prendre un trépied avec cette option si vous choisissez la rotule-ball.

On est obligé de choisir l’un ou l’autre ?

Si je pose la question, ça veut dire que non… Si vous pensez avoir besoin des deux système de rotule: Tantôt précision et tantôt rapidité, choisissez un trépied sans rotule intégrée. Vous achetez donc le trépied d’un côté, la rotule-ball d’un autre et la rotule 3D encore à part. Un trépied, deux rotules…

Système de blocage des pieds

Deux possibilités, la première étant les traditionnels clapets. C’est ce qu’on trouve sur les modèles “30-50 balles” notamment. On les trouve aussi sur du moyen – haut de gamme en version excellente bien sûr. Leur petit inconvénient est qu’il faut les déverrouiller/verrouiller individuellement. Si vous en avez 4 par pied, la mise en place du trépied implique la manœuvre à 24 reprises (12 pour déplier et 12 pour serrer), et encore 24 manœuvres pour ranger. Encore une fois, c’est une affaire de secondes, rien de dramatique, mais ça peut être une raison pour préférer la seconde possibilité, c’est d’ailleurs mon cas.

La deuxième option ce sont les pieds à visser, qui ont donc ma préférence: On peut les prendre à pleine main tous ensemble et tout déverrouiller d’un coup.

Autres options

Un système d’attache rapide

Absolument indispensable. Sur les trépieds bas de gamme, le pas de vis est fixé sur la colonne. Pas pratique du tout, surtout avec un appareil lourd. Il faut vraiment que le plateau soit détachable pour pouvoir ensuite le clipser rapidement sur le trépied. La tendance est au remplacement du système d’attache Manfrotto par le système Arca-Swiss, rapide et efficace.

Le crochet

Placé sous la colonne centrale, on le trouve sur pas mal de modèles. Il permet de lester le trépied avec son sac photo par exemple. Pas inutile par grand vent…

Pointes

Sous les pieds peut se trouver un système qui fait sortir des pointes pour une meilleure accroche du trépied selon la surface.

Niveaux

On en a déjà parlé. Pas complètement indispensable, mais pas inutile non plus. Pour ma part je m’en sers parfois.

Système de lien entre les pieds

C’est l’option à NE PAS AVOIR !! Si vous ne voyez pas de quoi je parle:

On trouve ça sur des “30-50 balles” parfois. Jamais sur du haut de gamme, il y a bien une raison… Ce système vous empêche de dissocier les trois pieds. Un comble. Je pense qu’il sert surtout à compenser la piètre fiabilité et stabilité des trois pieds, à fuir donc.

Matériels associés

Le monopode

Utile pour se balader encore plus léger. Évidemment, il n’a pas la stabilité du trépied, ça va sans dire, et on ne peut pas le lâcher sinon tout est par terre. A quoi ça sert alors? Pour prendre un exemple, la photo sportive où vous devez vous déplacer souvent de spot en spot. Plus stable qu’à main levée, il corrigera en partie votre tremblotte. Si votre couple boitier/objectif est lourd, il sera le bienvenu. Dans un espace très étroit, si déplier le trépied n’est pas possible, le monopode trouvera sa place.

Ci-dessous, un modèle tout-en-un: Trépied standard, colonne inclinable à 90° et un pied qui se détache pour faire monopode. Il existe, moyennant 30€ de plus, en version carbone.

Le mini-trépied

Beaucoup de modèles existent, mention spéciale au Gorillapod qui permet de s’enrouler absolument partout: Autour d’une branche, d’un poteau, d’une barrière, n’importe quoi.

Un mini-trépied est toujours utile, vous en trouverez pour une bouchée de pain, comme celui-ci. Les exigences sont nettement moindres que pour un modèle standard. Les grandes marques comme Manfrotto en font aussi, par exemple ce modèle très esthétique, équipé d’une rotule, à moins de 20€ que j’ai pu essayer. Ça tient dans la main, ça se range partout, et une fois les pieds repliés vous pouvez vous en servir comme poignée.

Quel modèle choisir ?

Pour avoir quelque chose de bien, il faut un budget minimal de 70-100€. En-dessous, vous serez déçu de la solidité ou de la performance, ce sera de l’argent perdu. Encore une fois, un bon trépied dure des années. Mieux vaut faire un petit effort dès maintenant et ne rien regretter…

Difficile de faire un choix parmi l’offre pléthorique. J’ai tout de même fait une petite sélection de trépieds que je possède ou que j’ai eu entre les mains.

Les standards

Vous pouvez bien sûr taper dans les marques historiques telles Manfrotto et Vanguard. J’ai toujours l’impression de payer la qualité autant que la marque, c’est pourquoi j’ai fait le choix de me tourner vers des marques alternatives qui n’ont pas toujours grand chose à envier à leurs ainés.

Autres marques, mais très bon matériels

En entrée de gamme de bonne facture, vous avez le K&M Concept 2324

Un peu plus haut en gamme, le K&M Concept 2515. Un pied se détache pour se transformer en monopode.

La version supérieure (ils l’appellent comme ça…) au modèle précédent permet de basculer la tête à 90°. Les deux modèles proposent l’inversion de tête pour photographier en position basse. Perso j’adore…

Une marque qu’on m’a fait découvrir depuis peu: Rollei. J’ai été surpris de la qualité du produit que j’ai vu à ce prix. Il s’agit du Allrounder. Il se décline en plusieurs versions: Alu ou carbone. Celui-ci est en carbone. Petit (49cm), léger (1,5kg), une belle hauteur de 164cm, fonction monopode. Bagues de serrage efficaces. Je ne saurais vous dire si ces trépieds à 70€ vieillissent bien, en tout cas neufs, ils sont très bien.

La marque chinoise Zomei nous propose d’excellents produits également, dont le Z699C, en carbone, d’excellente qualité. Presque deux fois moins chère, la même version en alu, le Z699, sur la même page. Les commentaires mitigés concernent le Q111, qui ne joue pas dans la même cour…

Je ne pouvais pas passer à côté du Rollei Compact Traveler et son poids de 1 kg seulement !! Quelques contre-parties pour moi mais qui n’en seront peut-être pas pour vous: Il monte à 142cm maximum et sa colonne centrale est fixe. Ça ne sera sans doute pas un problème pour beaucoup d’entre vous, il faut juste le savoir. Tout petit une fois plié, extrêmement léger et très fiable, je le recommande chaudement.

Dans les ultra-légers vous avez également le Sirui R-1204, mais le budget n’est pas le même. C’est, à ce prix, du très haut de gamme.

Voilà, il vous suffit de reprendre cet article point par point, les noter, et chercher ce qui convient à VOTRE pratique. Définissez votre hiérarchie de critères si vous devez faire un compromis: Pour certains le plus important sera le poids, pour d’autres la taille maximale, etc…

Dites-moi en commentaire quel modèle vous possédez ou connaissez, ce sera utile à tout le monde !!

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