Reflex ou hybride ? L’analyse.

Reflex ou hybride, hybride ou reflex… La question à pas loin de 1000 euros que vous êtes des centaines de milliers à vous être posée, et sans doute à vous la poser encore. On prédit la mort du reflex dans les 10 ans. C’est peut-être aller un peu vite en besogne. Il y a peut-être de la place pour les deux technologies… Voyons voir ça…

Vous avez dit “hybride” ?

Rien que le terme d'”hybride” est discutable. On utilise ce mot pour distinguer ces appareils des reflex, des bridges et des compacts. La dénomination anglaise de “mirrorless” (sans miroir en français) est plus adaptée quand il s’agit d’une comparaison au reflex. Mais c’est encore imprécis: un bridge et un compact n’ont pas de miroir non plus. Alors un hybride est un appareil photo sans miroir mais avec un objectif interchangeable? La voilà notre définition !! Allez au revoir !

Eh non, pas au revoir, parce qu’il y aussi des hybrides, sans miroir donc, sans objectif interchangeable… Ceci dit, c’est loin d’être la majorité de l’espèce. Ajoutons à cela la particularité de certains hybrides à avoir un double système de visée électronique et optique pour en conclure que:

La norme hybride n’existe pas !

Hybride va rester un terme plus ou moins vague, et, puisqu’on est entre nous on peut se le dire: On s’en fout… Nous allons donc appeler “hybride” dans la suite de cet article, la grande majorité du genre, qui est de fait celle de l’image populaire que l’on a de l’hybride: Un appareil sans miroir avec objectif interchangeable.

Différences entre reflex et hybride

Le système de visée

Le reflex utilise une visée dite TTL (Through The Lens). Je dis ça pour frimer parce qu’on s’en fout… Ce qu’il est important de retenir, c’est que l’image qui passe dans l’objectif se retrouve dans votre viseur par le biais d’un prisme de visée en verre et d’un miroir. Il s’agit donc d’une visée optique.Vous avez sans doute en tête (ou en oreille), le bruit caractéristique au déclenchement d’une photo sur reflex. Ce n’est ni plus ni moins que le bruit du miroir qui, après s’être soulevé pour laisser entrer la lumière jusqu’au capteur, retombe à son emplacement initial.

Bien évidemment, quand vous regardez dans le viseur, vous avez l’image avec une ouverture maximale, sans quoi, quand vous réglez votre appareil sur une très petite ouverture (f/32 et même moins), vous ne verriez rien dans le viseur si les conditions de lumière ne sont pas bonnes, c’est logique. D’où un petit bouton de test qui permet de fermer le diaphragme et de voir “en vrai” ce que va donner la photo.

reflex canon
Reflex et visée optique

La “bosse” des reflex, là où est écrit Canon, c’est la que se trouve le lourd prisme de verre.

Sachez qu’en fonction de votre modèle de reflex, l’image que vous avez dans le viseur va de 90% à 100% de la taille réelle de la photo que vous allez prendre. Ne soyez pas surpris, si vous possédez un reflex entrée de gamme, si des éléments que vous n’aviez pas dans le viseur se trouvent sur la photo finale. Vous en connaissez maintenant la cause.

L’hybride, comme vous le savez si vous avez lu l’article jusqu’ici, n’a pas de miroir. L’image que vous avez dans le viseur est celle qui passe par l’objectif, mais qui, via un système électronique, va être envoyée vers une succession de lentilles. Devant les lentilles, une plaque de verre: C’est votre viseur ! (Je vous fais une blague culinaire sur les lentilles dans l’appareil photo ou c’est pas la peine? C’est pas la peine…)

L’obturateur

Sur un reflex, quand vous regardez dans le viseur, l’obturateur est fermé: Aucune lumière n’arrive au capteur. Au moment où vous déclenchez, un dispositif constitué de lames s’ouvre, puis se ferme au bout du temps défini par vous ou par l’appareil: 1/200e, 1/60e, 1/1000e, etc.

Si vous visez avec l’écran et non le viseur, l’obturateur est ouvert. Au déclenchement, il va se fermer, s’ouvrir le temps défini (début de l’exposition), puis se fermer (fin de l’exposition) et se rouvrir pour continuer à envoyer l’image sur l’écran.

Sur un reflex l’obturateur est mécanique.

L’hybride possède lui aussi un obturateur mécanique, mais pas seulement. Son obturateur électronique enregistre l’image avec le temps de pose défini, mais sans ouverture/fermeture d’une pièce physique de l’appareil. Il est de fait complètement silencieux.

Sur l’hybride, deux obturateurs: Un mécanique et un électronique.

Notons qu’un obturateur mécanique consiste à déplacer un composant dans l’appareil photo, sa vitesse, bien que très élevée, possède une limite.

Avantages de l’hybride

Poids et encombrement

L’hybride ne s’encombre pas du système de visée lourd et encombrant du reflex, il y gagne en centimètres et en grammes (oui on ne gagne pas non-plus 10 kilos). Il s’allège également du moteur de l’autofocus. Pour gagner plus en poids avec les objectifs, il faudra regarder du côté de la taille du capteur: Un micro 4/3 permet de s’alléger en objectifs de manière drastique par rapport à un Full-Frame, mais cela ne relève pas du débat reflex/hybride

Appareil photo hybride démonté
Un hybride, c’est pas grand chose…
Coupe d'un reflex
Un reflex, ça a le ventre bien rempli…

Autofocus sur la totalité de la surface

Pour des raisons techniques que je vous épargne (Dieu que je suis bon avec vous…), l’autofocus des reflex se concentre sur la partie centrale. L’hybride n’a pas de limite, son autofocus à détection de contraste lui permet d’être performant partout. Il balaye d’un revers de… focus… les problèmes de front focus ou back focus qui ont rendu fous quelques photographes à grande ouverture. Pour rappel, le front/back focus est un problème qui fait que la mise au point se fait légèrement en avant ou en arrière de ce que le photographe a décidé. Pas sympa comme effet…

Il embarque de plus un autofocus à détection de phase (tout comme le reflex) qui gère les collimateurs au centre du cadre. On a le meilleur des deux mondes quoi: Détection de phase et détection de contraste.

Le bruit

Je l’ai dit plus haut, on s’affranchit avec l’hybride du bruit du miroir qui se lève et retombe. Si vous aimez le bruit, vous pouvez toujours l’activer artificiellement. De plus, l’obturateur électronique peut rendre l’appareil complètement silencieux, fonctionnalité appréciable en spectacle par exemple, ou dans la rue quand on veut shooter discrètement. En mode rafale, le reflex est une kalachnikov, c’est TRÈS bruyant !

La visée

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Tout d’abord, vous avez dans le viseur l’image telle qu’elle sera enregistrée: La profondeur de champ, les dimensions, l’exposition, les effets, etc. Ajoutons à cela des fonctionnalités affichables très utiles comme le focus peaking que j’affectionne beaucoup, ainsi que l’histogramme. Et vous pouvez bien sûr afficher tout un tas d’autres informations.

Inconvénients et points faibles

Réactivité de l’autofocus

Autant le dire tout de suite, il s’agit d’un écart entre reflex et hybride qui s’amenuise drastiquement. L’autofocus des reflex a été pendant pas mal de temps plus rapide que celui des hybrides. Ceci dit, l’évolution des hybrides est telle que cette différence est aujourd’hui, sur les modèles récents, négligeable. Cette différence était due au fait que l’autofocus de l’hybride était le fruit d’un calcul tandis que le reflex s’appuie sur de l’optique. L’hybride calcule toujours, mais beaucoup plus vite…

Le phénomène de Rolling Shutter

J’ignore s’il existe un nom français pour Rolling Shutter, auquel on peut être confronté dans une seule situation: Utiliser l’obturateur électronique pour capturer un sujet rapide. L’obturateur électronique n’est pas instantané, même s’il est extrêmement véloce, il parcourt l’image. En conséquence, si le sujet bouge très vite entre le début et la fin du parcourt , un effet de déformation peut se produire. On devra passer à l’obturation mécanique pour pallier à ce problème.

Le “délai” d’affichage

J’écris délai entre guillemets car le mot est trop fort par rapport à la “gêne” (tiens, encore des guillemets…) occasionnée. On parlerait plutôt de latence. En effet un très très très léger décalage entre la scène et ce que vous avez dans le viseur peut être visible si on n’est pas dans une bonne gamme de viseur. Je n’ai pas testé tous les hybrides, mais je n’ai pas constaté le problème. Sur de l’entrée de gamme, peut-être. Dans tous les cas ce n’est pas ce décalage qui vous fera rater la photo…

L’autonomie

Celle des reflex est excellente, en comparaison celle des hybrides l’est clairement moins. L’hybride de par sa conception est plus gourmand en énergie. Toujours prévoir des batteries de secours, ce n’est pas pour ce que ça coûte…

Mon avis

Nul doute que l’hybride, considérant l’effort des constructeurs pour cette technologie, va prendre le pas et supplanter le reflex dans les prochaines années, ça ne va pas tarder… La marge de progression est bien plus grande dans la technologie hybride, même si le reflex va lui aussi être tiré par le haut.

On peut encore trouver des raisons d’investir dans un reflex:

  1. L’ergonomie: Beaucoup de photographes n’ayant pas un grand besoin de mobilité préfèrent avoir un matériel au volume conséquent en main.
  2. L’attachement à ces appareils cultissimes dans le monde de la photo. Le bruit du déclencheur, la technologie…
  3. Le prestige: J’entends par là, l’argument est bidon, mais je l’ai constaté, donc je le retranscris ici, le fait qu’avoir en main un reflex donne une impression plus professionnelle. Une partie de la population a encore tendance à considérer le photographe avec du gros matériel plus compétent que celui qui va arriver avec son GX9 et ses objectifs pancake. Mais bon, c’est dû à la méconnaissance du matériel…

Dites-moi en commentaire où va votre préférence et pourquoi, ce sera forcément intéressant !

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