L’histogramme. Mieux le comprendre pour mieux l’utiliser.

L’histogramme, c’est ce graphique que vous pouvez afficher sur votre appareil photo en appuyant sur la touche INFO ou DISP. D’autres noms sont possibles pour ce bouton. Cherchez dans la notice comment l’afficher si vous ne disposez pas de l’un de ces deux intitulés de bouton.

Que montre l’histogramme?

L’histogramme affiche la répartition de la luminosité des points qui composent votre photo. Vous verrez si elle comporte beaucoup de points sombres, moyens, clairs pour les grandes familles. On distinguera deux catégories de points supplémentaires pour plus de précision: les ombres et les hautes lumières.

Deux histogrammes…

Attention, quand vous photographiez en mode RAW (ce que vous DEVEZ faire !!), puis affichez l’histogramme sur votre boitier, il s’agit d’une interprétation de l’image par le boitier.

En effet un fichier RAW n’est pas une image, c’est un fichier numérique comportant des données à partir desquelles un logiciel adapté va fabriquer une image. Citons Lightroom et Capture One pour les payants, Darktable , Photivo et Rawtherapee pour les gratuits, mais il en existe d’autres. Votre appareil photo possède d’ailleurs un micro-logiciel qui interprète le fichier RAW, ce qui vous permet d’avoir une image sur l’écran après avoir déclenché !

L’histogramme affiché est donc celui du fichier interprété par votre boitier. J’insiste sur ce point car il est tout à fait possible, et même fort probable, que l’histogramme, pour cette même photo, soit un peu différent une fois importé dans votre logiciel. C’est pourquoi j’insiste régulièrement sur ce point: Il est capital de bien connaitre son matériel. Vous devez connaitre la manière dont votre appareil photo interprète le RAW en le comparant souvent à la même photo “vue” par votre logiciel de développement, qu’il s’agisse de Lightroom ou de n’importe quel autre. Vous pourrez ainsi mieux interpréter l’image affichée sur votre boitier à la prise de vue et corriger en conséquence votre exposition sur le terrain.

Quelles sont les différentes zones de l’histogramme ?

Prenons cette photo en référence, prise un matin, très tôt, au port de Cannes, en pose longue avec un filtre ND.

Voici son histogramme:

histogramme
Histogramme de la photo ci-dessus

Les noirs

Voici la partie de l’histogramme (en rouge) qui regroupe les points noirs sur la photo, comme le bateau qui se trouve presque au milieu de la photo. On voit que la photo en contient peu.

Les ombres

Maintenant les tons sombres, mais pas complètement noirs. Les mâts et les zones les plus sombre du ciel et de la mer sont représentés ici sur l’histogramme.

Les tons moyens

Le bleu clair du ciel, les zones orangé, une partie des nuages constituent l’essentiel de la photo, on le voit clairement sur l’histogramme:

Les hautes lumières

Les hautes lumières sont représentées par les parties les plus claires des nuages et le pourtour du soleil. Elles sont moins nombreuses que les tons moyens, on voit la “montagne redescendre” sur l’histogramme dans la zone rouge.

Les blancs

On ne les trouve qu’au centre du soleil. L’histogramme montre que la photo comporte très peu de points blancs

Interpréter l’histogramme

Nous allons continuer avec la même photo. Vous pourrez la voir avec son histogramme associé afin de bien vous rendre compte de la corrélation entre l’histogramme et le rendu de la photo.

Histogramme équilibré

C’est le cas de notre photo de référence, je vous la reposte ci-dessous avec son histogramme équilibré. Il a une forme de montagne, contient sensiblement la même quantité de blancs et de noirs, d’ombres et de hautes lumières, et est riche en tons moyens. C’est ce qu’on appelle communément une “bonne exposition“. Notez les guillemets, car on peut faire le choix artistique de ne pas exposer sa photo de cette manière ! Certains artistes se sont démarqués en surexposant ou en sous-exposant leurs photos. Je préfère donc l’expression “bien équilibrée” à “bien exposée”.

Histogramme à gauche

histogramme à gauche

On constate que la photo contient énormément de noirs et de tons sombres. Elle comporte peu voire pas de tons moyens et des hautes lumières et des blancs quasi inexistants. Elle a perdu beaucoup de nuances. Il s’agit d’une photo sous-exposée dont voici le résultat:

photo sous-exposée

Si le résultat ne vous convient pas, il faut soit augmenter le temps de pose (diminuer la vitesse d’obturation), augmenter l’ouverture (passer par exemple de f/8 à f/4), ou encore augmenter votre sensibilité ISO. C’est le principe du triangle d’exposition.

Histogramme à droite

C’est le cas inverse du précédent. Les informations dans les tons sombres et noirs ont disparues. En revanche, beaucoup de points se retrouvent entassés dans les hautes lumières et les blancs, avec pour conséquence la disparition du soleil, des nuages. Si ce n’est pas le rendu que vous cherchiez, il va falloir diminuer l’ouverture et/ou augmenter la vitesse d’obturation et/ou diminuer la sensibilité ISO.

histogramme à doite
photo surexposée

Histogramme centré

Voilà un cas particulier où la photo n’offre aucune zone très claire et aucune zone d’ombre, le contraste est très faible. En résulte une image qui semble couverte d’un voile, elle semble fade. Dans votre logiciel, vous pourrez intervenir sur le curseur de contraste pour corriger partiellement ce défaut. Lightroom possède également un curseur “voile” qui vient compléter le traitement de ce défaut. Vous pourrez peaufiner en ajustant vos noirs, vos blancs, vos ombres et vos hautes lumières.

histogramme sans contraste
histogramme centré

Histogramme creux

Un second cas particulier où la photo est riche dans ses extrêmes: blancs et hautes lumières, mais pauvre dans tous les tons intermédiaires. Rarement de bon goût, rarement agréable à l’œil, le rendu est violent et artificiel. Pour équilibrer la photo dans votre logiciel, il vous faudra diminuer le contraste, puis ajuster les noirs, les blancs, les hautes lumières et l’exposition.

histogramme creux
histogramme creux

Les blancs cramés

Ça fait partie du jargon de photographe… Quand l’histogramme présente une montagne tronquée sur la droite, on appelle ça de l’écrêtage, cela signifie qu’au moins une zone de la photo est trop lumineuse pour que l’appareil en retire une quelconque information. Cela se traduira par une zone tout blanche, sans détail, sur la photo. C’est souvent le cas du ciel et de l’eau en photo de paysage. Il faut notamment s’en méfier en portrait. A moins qu’il s’agisse d’un effet voulu, évitez d’avoir un aplat blanc sur un visage.

Un outil lié à l’histogramme

Sur certains boitiers, vous pouvez activer une option qui consiste à faire clignoter les zones de la photo qui seront “cramées”. Vous pouvez l’utiliser en complément de l’histogramme si votre appareil en est pourvu…

L’histogramme par couche RVB

Si votre scène comporte une forte dominante de couleur, vous pouvez aller un peu plus loin dans l’exploitation de l’histogramme de votre appareil, si celui-ci le permet bien sûr, en affichant l’histogramme par couche.

Dans une image comme celle ci-dessous, vous pouvez vous retrouver avec une photo en moyenne correctement exposée, mais trop saturée sur un canal (rouge, vert ou bleu). Libre à vous de corriger, ou pas, votre exposition, pour faire rentrer les 3 canaux dans le cadre sans “montagne coupée”, ou sans écrêtage pour employer le terme exact. Tout est fonction du rendu que vous souhaitez donner à votre photo.

dominante rouge
En gris, l’exposition moyenne en dans le cadre. En revanche le canal rouge est écrêté.

Existe-t-il un bon histogramme?

La réponse est catégorique: NON !! Il s’agit d’un graphique qui montre la répartition des tonalités dans l’image, de la plus sombre à la plus claire. Ce graphique ne permet pas de juger si une image est bien exposée ou pas. Si vous faîtes une photo de nuit, il y a fort à parier que votre histogramme sera décalé sur la gauche, et ce n’est pas un problème en soi !

Ce n’est qu’un outil qui permet de vérifier que l’image que l’on enregistre sur la carte mémoire correspond bien à ce que l’on veut faire. C’est pourquoi un histogramme équilibré et “standard” n’est pas forcément celui qui correspond à votre choix artistique.

histogramme équilibré
Histogramme équilibré

La photo ci-dessous ne correspond pas à ce standard, elle présente un contraste faible, sans information dans les noirs, les blancs ni les hautes lumières. Pourtant, cette photo est réussie dans le sens où elle a pour but de faire ressentir une atmosphère: la grisaille, l’isolement, le dénuement.

brouillard

Et voici son histogramme en surimpression. Il ne correspond pas au standard d’une “bonne” exposition, mais il correspond à l’intention de la photo.

brouillard histogramme
Des tons moyens, des ombres, pas de noir, pas de blanc, pas de haute lumière

Dans le prochain article, je vous parlerai de l’exposition à droite. Vous avez forcément entendu et/ou lu cette expression. Nous verrons si cette pratique est toujours d’actualité et comment l’utiliser.

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