L’exposition en photo: Comprendre pour maitriser

Préambule: Sous-exposition et surexposition

Vous avez tous, sans exception, entendu parler de photo “sous-exposée” ou “sur-exposée”. A la limite, en entendre seulement parler, c’est pas bien grave… Par contre quand c’est VOUS qui êtes derrière l’appareil, c’est déjà moins drôle. Qui serait content de rater sa photo ?

Pour bien maîtriser l’exposition, il faut d’abord la comprendre. Quelle chance vous avez d’être tombé sur cet article 😉

Au cas vous débarqueriez d’une planète où la photo n’existe pas (je voudrais bien voir à quoi vous ressemblez si c’est le cas), voici quand même un exemple de photo sous-exposée, normalement exposée et surexposée:

Pour faire simple:
Sous-exposée = trop sombre
Surexposée = trop claire

Petit aparté: Notez cependant que vous pouvez volontairement, dans une démarche artistique, décider de sous/surexposer votre image ! Une photo sous/surexposée n’est pas forcément une photo ratée. Une photo ratée est une photo dont le résultat ne correspond pas au rendu que vous espériez. Nous y reviendrons…

Juste une histoire de lumière

Revenons à nos moutons (quelle drôle d’expression…). L’exposition est au cœur de la photographie. Et oui, la photo, c’est d’abord gérer la façon dont la lumière va agir sur les composants de l’appareil photo qui y sont sensibles (capteur, pellicule).

La lumière… Tout est là… Parenthèse poétique, le mot “photographie” vient du grec photos et graphein et signifie “Peindre avec la lumière“, “Dessiner avec la lumière” ou encore “Ecrire avec la lumière“. C’est pas la classe ça? Est-ce que ça ne vous donne pas déjà envie de dégainer l’appareil? L’exposition s’appelait d’ailleurs, à l’origine, la lumination. Vous avez peur que ça devienne compliqué, ou ça l’est déjà? Ne bougez pas, vous allez tout comprendre, puis avec un peu de pratique, vous jouerez avec l’exposition comme bébé avec son hochet…

Vous qui voulez faire de meilleures photos, vous allez devoir (et POUVOIR grâce à ce site!) jouer sur les trois paramètres de l’exposition, connus sous le nom de TRIANGLE D’EXPOSITION.

Triangle d'exposition

Vous allez donc jouer sur:

1- L’ouverture

C’est la taille du trou par lequel vous allez laisser passer la lumière. L’image ci-dessous vous montre un diaphragme. C’est ça que vous allez régler ! Plus le trou est grand, plus la lumière entre, facile non?

Ouverture du diaphragme

Si votre photo est trop sombre, vous pourrez augmenter votre ouverture. Petite particularité, promis on ne va pas faire de maths, mais ça en est: Pour augmenter l’ouverture, il va falloir diminuer un nombre. L’ouverture se note sous la forme d’un f, suivi d’une barre oblique, suivie d’un nombre.Par exemple: f/8. Donc si votre photo est trop sombre, vous allez augmenter l’ouverture en diminuant le nombre. Par exemple vous allez passer de f/8 à f/4. Le trou du diaphragme va s’agrandir, plus de lumière va passer et votre photo sera plus claire ! A l’inverse, si la photo est trop claire, que les couleurs tirent vers le jaune, refermez le trou du diaphragme: Il vous faut diminuer l’ouverture en augmentant le nombre derrière le f/. Par exemple en passant de f/4 à f/5.6, le trou va se refermer un peu, moins de lumière va passer et la photo sera mieux exposée.

Lisez mon article dédié pour tout savoir sur l’ouverture.

2- Le temps d’exposition (ou vitesse d’obturation).

Il s’agit simplement du temps pendant lequel votre appareil va “imprimer” l’image que vous lui montrez dans votre viseur ou sur votre écran. Plus ce temps est long, plus la lumière va rentrer évidemment… Mettez-vous face à une ampoule les yeux fermés. Ouvrez et fermez les yeux très vite: Vous avez laissé passer peu de lumière. Maintenant ouvrez les yeux et regardez l’ampoule: Vous laissez entrer beaucoup de lumière dans vos yeux, il est possible que votre vision soit altérée pendant quelques secondes. La vitesse d’obturation, c’est exactement ça: vous ouvrez l’œil de votre appareil photo plus ou moins longtemps.

Le point essentiel à retenir, c’est que plus l’œil de votre temps d’exposition est long, plus votre photo risque d’être floue. Il va donc falloir gérer ce temps au mieux, mais vous verrez, ce n’est pas très difficile. Apprenez à vous en servir dans cet article dédié au temps d’exposition

3- Exposition et sensibilité ISO

Continuons avec l’analogie de l’œil: A nu, votre œil va être très sensible à l’intensité de votre ampoule. En revanche, si vous mettez des lunettes un peu foncées, vous y serez moins sensible, et plus vous mettrez des lunettes foncée et protectrices, moins vous y serez sensible. La sensibilité ISO, c’est pareil…mais sans lunettes… Vous pourriez alors vous dire: Je le rends le plus sensible possible, comme ça j’aurai un appareil qui verra très bien même dans la pénombre, comme un chat, et je suis tranquille. Mais non… Pas tranquille…

Parce que l’inconvénient avec les ISO, c’est que plus vous augmentez la sensibilité de votre appareil, plus votre image en sera dégradée: Elle sera de moins en moins nette, des petits points disgracieux vont apparaître, d’abord dans les zones les plus sombres, puis partout si vous augmentez encore. Ça ne se voit pas jusqu’à un certain stade, mais en augmentant vous atteindrez un réglage minimal où les imperfections commencent à se voir.

Sans entrer dans les détails pour l’instant, il faut essayer de garder les ISO sur le nombre le plus bas possible: ISO 100. Dans certaines situations, vous n’aurez pas d’autre choix que d’augmenter ce nombre. Pas d’inquiétude, vous avez une marge de manœuvre avant que la qualité ne se dégrade ! Vous aurez tous les détails et la façon de gérer ça dans mon article dédié à la sensibilité ISO.

Le cas du mode automatique (et pourquoi l’oublier…)

Dans ce mode, l’exposition est calculée…automatiquement (sans blague…) par l’appareil à l’aide de capteurs qui mesurent la luminosité de la scène que vous avez dans le viseur ou sur l’écran. J’explique tout cela en détail dans cet article sur les modes de mesure de la luminosité, mais voici les possibilités qui vous sont offertes pour effectuer cette mesure:

  • au centre de l’appareil, sur une toute petite surface, c’est le mode spot.
  • au centre de l’appareil principalement, mais en tenant compte d’une zone plus large de l’image. C’est le mode de mesure centrale pondérée.
  • sur toute l’image. C’est le mode qui vous servira dans l’énorme majorité des cas. On l’appelle mode de mesure matricielle, évaluative ou multizone.

En mode automatique, l’appareil règle à votre place l’ouverture du diaphragme, la vitesse d’obturation ainsi que la sensibilité ISO. Il va s’arranger pour que la photo ne soit ni surexposée, ni sous-exposée. Le bon côté de la chose, c’est que souvent, votre photo bénéficiera d’une exposition optimale : pas d’ombres bouchées, pas de lumières cramées. En revanche, si vous souhaitez progresser en photo (et j’ai dans l’idée que c’est pour ça que vous êtes là…), il y a fort à parier que l’appareil, qui n’a aucune sensibilité artistique, ne vous offre pas le rendu que vous souhaitiez. Un simple exemple: A gauche ce que vous vouliez, à droite ce qu’a fait l’appareil en mode automatique.

D’un côté vous avez un joli flou d’arrière-plan qui met en valeur votre sujet, de l’autre, le résultat que vous ne vouliez pas, mais c’est celui qu’a choisi votre appareil. Un autre cas possible, en situation de basse lumière, sera que l’appareil monte dans les ISO pour bien exposer votre photo, ou qu’il descende trop la vitesse d’obturation. Dans les deux cas, la photo sera ratée. Et il y a un tas de situations que votre appareil ne va pas bien gérer, vous faisant rater un paquet de photos… N’attendez plus, formez-vous et laissez tomber le mode automatique, devenez le photographe que vous voulez être !

Trois bonnes idées en situation de basse luminosité (en intérieur, en soirée, en concert, etc…)

  • Toujours avoir un trépied: Cela vous permettra de réduire la vitesse d’obturation (=augmenter le temps d’exposition). Vous limitez fortement le risque d’avoir une photo floue avec un trépied. Vous pourrez ainsi descendre en conséquence les ISO (pour plus de netteté).
  • Utilisez soit une télécommande soit le retardateur de pour déclencher: Soyez conscient du fait que le simple fait d’appuyer sur le bouton génère une vibration qui sera visible à basse vitesse, et la photo sera floue…
  • Activez la stabilisation de l’objectif (il y a un bouton pour ça) et le cas échéant, la stabilisation de votre appareil photo s’il en dispose (pour être précis, il s’agit là de la stabilisation du capteur). Par défaut, elle est probablement activée, mais cherchez dans la notice de votre appareil ou dans les menus pour le vérifier.
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