Comment utiliser les modes de mesure de la luminosité ?

A quoi ça sert ?

En mode manuel (M), c’est vous qui décidez de l’exposition. Dans les modes semi-automatiques (Priorité ouverture A/AV, priorité vitesse TV/S, programme P), votre appareil photo mesure la luminosité de la scène pour déterminer soit l’ouverture, soit la vitesse et la sensibilité ISO. Il va falloir apprendre à utiliser plusieurs modes de mesure de la luminosité.

Quelles options de mesure de la luminosité s’offrent à nous ?

  • Sur une toute petite surface du capteur (de 1,5 à 5% selon les constructeurs, parfois même un peu plus). C’est le mode spot (à gauche Canon, à droite Nikon).
  • Sur toute la surface du capteur, mais en accordant plus d’importance au centre (de 6 à 20% selon les marques). C’est le mode de mesure pondérée centrale ou sélective (à gauche Canon, à droite Nikon).
  • Sur toute l’image. C’est le mode qui vous servira dans l’énorme majorité des cas. On l’appelle mode de mesure matricielle, évaluative ou multizone (à gauche Canon, à droite Nikon) .

Mesure matricielle, évaluative, multizone

L’appareil utilise toute la surface de l’image pour déterminer une exposition moyenne, égale à un gris 18%, un gris moyen. C’est un gris car la cellule qui effectue cette mesure ne voit pas les couleurs mais la valeur de la lumière renvoyée par ce qu’elle “voit”.

Pour la petite histoire, c’est Kodak qui a déterminé il y a des années qu’une photo normalement exposée a une luminosité équivalente à celle renvoyée par un gris 18%.

Mesure de la luminosité par la machine…

Ainsi, quand vous êtes en modes A/AV, S/TV ou P, l’appareil va calculer une vitesse d’obturation et une sensibilité ISO pour faire en sorte que votre image, en moyenne, ait une luminosité égale à un gris 18%. Ce mode sera efficace dans la grande majorité des cas. Cependant, vous vous retrouverez forcément un jour dans une situation où vous aurez une grande zone ou très sombre, ou très claire (typiquement le cas d’ un ciel très dégagé). Cette zone, trop sombre ou trop claire, va “fausser” la mesure de luminosité de la scène. J’écris “fausser” entre guillemets car techniquement, l’appareil ne fera ni plus ni moins que son boulot: faire en sorte que l’image, en moyenne, soit bien exposée…

…et l’humain

Cela dit, de notre point de vue d’humain, avec notre œil et notre cerveau affûtés, on voudra certainement que ce soit notre sujet qui soit bien exposé, sans tenir compte de cette lumière violente ou de cette zone très sombre dont on n’a rien à faire…

Beaucoup de boitiers ont la mauvaise idée de lier Autofocus et Exposition. C’est à dire que quand vous appuyez à mi-course sur le bouton pour faire votre mise au point, l’appareil calcule l’exposition telle qu’elle est à ce moment-là, ce qui ne vous rendra pas toujours service. Mieux vaut séparer les deux: Chez Nikon, trouvez dans le menu l’option Memo expo par déclencheur et mettez-la sur OFF. Chez Canon, il faudra utiliser le bouton astérisque (*) en haut à droite pour mémoriser l’exposition. Sur un Canon haut de gamme, vous avez également dans le menu la possibilité de configurer ce qui doit se passer lors d’un appui à mi-course.

La mesure pondérée centrale ou sélective

La mesure pondéré centrale peut être intéressante en portrait. Si votre sujet se trouve sur un fond très sombre ou très clair, vous ne voudrez peut-être pas que l’appareil tienne compte de la luminosité de cet arrière-plan. En revanche, vous souhaiterez que le visage de votre modèle soit parfaitement exposé. Vous pourriez éventuellement utiliser le mode de mesure Spot. Le problème c’est que selon l’éclairage de votre sujet, l’appareil photo pourrait faire la mesure sur le bout du nez très brillant de votre si joli sujet. Cela ne reflèterait pas la luminosité globale de votre modèle.

La mesure spot

Ce mode est le plus délicat à utiliser. J’ai dit délicat, pas inutile, ne fuyez pas trop vite !! Il pourra occasionnellement vous sauver la mise, je vous suggère donc d’apprendre à le maitriser. Nuance importante entre Canon et Nikon: Chez Canon, la mesure se fera au centre de l’image. Chez Nikon, la mesure se fera sur le collimateur de mise au point sélectionné !! Pour les autres marques, je vous renvoie vers la documentation de votre appareil. Dans tous les cas, il faut bien savoir où, sur votre appareil, se fait cette mesure sans quoi vous aurez des surprises (et pas des bonnes) !!

Quand utiliser le mode spot ?

D’une manière générale, il sera utile pour une scène à forte dynamique. La dynamique, c’est un mot barbare pour décrire quelque chose de simple: C’est la différence de luminosité entre les zones les plus claires et les zones les plus foncées. L’oeil humain gère une bien plus grande dynamique que l’appareil photo le plus cher du monde…

Ainsi, le mode spot est par exemple particulièrement utile en photo de concert: Parfois tout le fond est noir, seul les musiciens sont éclairés. Vous voudrez que votre appareil ne tienne pas compte du noir à l’arrière-plan pour bien exposer les artistes. En photo de nuit il faudra peut-être passer par le mode spot pour les mêmes raisons…

De même sur un ciel très clair sans nuage, la dynamique sera forte. Passez en mode spot pour ne pas tenir compte du ciel qui “encombrera” peut-être la moitié de votre photo, laissant votre sujet trop sombre.

En macro, pensez a la mesure spot pour mettre en valeur votre sujet.

Le mode spot pourra également s’avérer préférable lors de l’utilisation de filtres ND, de filtres polarisants ou de filtres dégradés. Votre appareil photo ne sait pas qu’il y a un filtre, la cellule de mesure de luminosité pourrait alors se “tromper dans ses calculs”. Commencez en mesure matricielle (évaluative, multizone). Si ça passe c’est bon, sinon passez en mode spot.

Partagez vos difficultés avec la mesure de la lumière dans les commentaires ! Et si vous avez une astuce, faites-en profiter la communauté…

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