Calibrer son écran, facile et indispensable

Pourquoi calibrer son écran ?

Pour révolutionner votre pratique photo… En fait, pour aller au bout du processus créatif. N’est-ce pas terrible de passer du temps à photographier et retoucher des photos pour au final afficher des couleurs erronées ? Quand vous ferez imprimer vos photos par un professionnel, qui imprime les vraies couleurs lui, sur du papier coûteux ou sur un livre que vous garderez toute votre vie, vous serez face à votre déception. Et si vous imprimez de chez vous sur une imprimante grand public, ce pourra être pire encore. Autant avoir les bonnes couleurs non? Surtout pour le faible coût du matériel de calibrage, ça n’aurait pas de sens de se priver de ce plaisir d’avoir des couleurs justes et éclatantes. Calibrer son écran, c’est le premier pas pour sortir de l’amateurisme, c’est une base.

calibrer son écran

Vous avez investi dans du matériel photo de qualité: Un boitier à 500-600€ neuf, souvent beaucoup plus, des objectifs entre 200 et 1000€. Vous avez compris avec mon article sur les écrans qu’il était stupide, disons, pour le moins, complètement incohérent, de regarder ou retoucher vos photos sur un écran non adapté. Je dirais même que l’écran est plus important que le boitier, puisque c’est sur lui que vous allez regarder et retoucher… Le minimum, c’est quand même d’avoir les bonnes couleurs, et ça, c’est votre écran et pas l’appareil photo qui va vous les donner. Maintenant, un bon écran, il faut le calibrer pour ajuster au mieux son rendu.

C’est cher?

Vous avez entre 800 et 1500€ de matériel pour faire de jolies photo. Vous devez avoir acquis un bon écran, ça c’est absolument indispensable, pour afficher correctement vos précieuses images. Voir l’article consacré si ce n’est pas le cas (et là je vous gronde parce que c’est pas bien !!). Alors non, une sonde et son logiciel ne sont pas chers du tout ! Le prix est même dérisoire comparé à tout votre attirail photo. Le calibrage améliore vraiment le rendu à l’écran, sur papier et sur vos livres photo, donc pas d’hésitation.

Actions principales du calibrage

  • Rectifier la/les dominante(s) de couleur de l’écran: Par exemple, un vert précis doit être affiché. Vous avez pris en photo ce vert là, et pas “à peu près ce vert là”, sa valeur est chiffrée ! Or votre écran (aucun écran n’est parfait) a une légère dominante dans ses caractéristiques RVB, disons que le vrai vert aurait une valeur de 36, or votre écran affiche cette vraie valeur quand son vert est sur 40. Dans la pratique toutes les couleurs de l’image seront faussées car le vert est la couleur la plus présente. La calibration va permettre à votre ordinateur d’aller lire ce qu’on appelle un profil ICC généré par votre logiciel de calibrage et de rectifier la couleur pour afficher précisément celle qui doit l’être, la vraie couleur, celle que vous avez prise en photo.
  • Ajuster le contraste de l’écran, pour un affichage du point noir aussi précis que possible et élargir au maximum les nuances de couleur affichées (le gamut).
  • Ajuster la luminosité de l’écran, pour coller à la réalité de l’impression. La luminosité définira le point blanc, le plus lumineux.

Le calibrage à l’œil et/ou avec une feuille imprimée

On va régler la question tout de suite, ça ne prendra pas plus d’un mot: Oubliez !! Allez, je développe vite fait quand même sans trop rentrer dans les détails, mais un écran calibré à l’œil n’est pas calibré, point barre.

Le calibrage ne peut passer que par la mesure de la luminosité de votre écran. Vous êtes Terminator avec un œil bionique? Non? Ben voilà, votre œil ne peut pas la mesurer alors… Deuxième point, le calibrage se fait par rapport à des couleurs de référence strictes, absolues, chiffrées. Vous n’êtes toujours pas Terminator depuis la phrase d’avant? Non? Allez, n’en parlons plus, ne vous laissez pas berner par ces vidéos Youtube ou ces articles de charlatans qui vous font imprimer une pauvre feuille A4, tripoter deux trois boutons et hop, la fausse promesse est tenue, c’est calibré…

La sonde de calibration ou colorimètre

Haaaa, on passe aux choses sérieuses qui vont changer la vie de vos photos et de vos impressions.

Vous avez choisi votre sonde (je vous indiquerai les meilleurs choix en fin d’article), et installé le logiciel. Une fois lancé, celui-ci va vous faire manipuler les boutons de réglage situés sur l’écran pour une phase d’étalonnage.

Attention, faites ce que vous demande le logiciel, à savoir que votre écran doit être allumé depuis 15 à 30 minutes avant calibrage.

Type d’écran

Le logiciel peut détecter automatiquement ou vous demander quel type d’écran vous calibrez: LED, diodes, CCFL. C’est dans la notice ou une recherche rapide sur internet vous le dira…

L’étalonnage. La luminosité

Première étape, le logiciel va vous demander de régler la luminosité. Trop lumineux, les couleurs de l’écran vont manquer de peps, de saturation, tandis que trop peu lumineux, les tons sombres vont disparaître, se confondre. Une bonne luminosité se trouve à 100 Cd/m² voire un peu moins si vous imprimez vos photos. Si elles sont destinées à rester sur un écran, 120 Cd/m² voire un peu plus sera une valeur optimale.

Le gamma

Si la question vous est posée, une valeur de 2.2 est devenue un standard. Vous pouvez essayer l’option L Star si elle est disponible (plutôt orienté impression. Si c’est votre cas…).

Norme ICC

Si vous n’êtes pas un spécialiste, choisissez la norme V2. Les autres ne sont pas destinées au grand public.

La température

Si vous n’utilisez pas un écran de type professionnel, visez une valeur entre 6000 et 6500 K. L’idée ici est que le blanc pur, valeur RVB (ou RGB) 255,255,255, soit bien blanc et ne tire pas vers le bleu (température trop froid) ou le jaune (température trop chaude).

La lumière

Il s’agit ici de mesurer la lumière de la pièce dans laquelle vous êtes pour peaufiner le réglage. Problématique car elle peut changer en cours de journée. On peut demander à certains logiciels de faire mesurer cette lumière en arrière-plan au cours de la journée, ce qui sous-tend de laisser la sonde branchée en permanence… Mettez-vous dans les conditions dans lesquelles vous retoucherez vos photos. Si vous retouchez à la nuit tombée et que vous calibrez en plein jour, vous allez fausser l’affaire… Les conditions idéales sont une pièce peu éclairée et surtout sans éclairage direct sur l’écran. Je vous suggère de ne pas activer cette option d’éclairage ambiant afin d’éviter toute mauvaise surprise.

Suite et fin du calibrage de l’écran… sans vous…

La sonde et son logiciel vont réaliser cette dernière phase tout seuls via une succession d’aplats plus ou moins colorés. A la fin du processus, le logiciel vous demandera de donner un nom au profil. Calibrer votre écran environ une fois par trimestre devrait suffire. Augmentez la fréquence si votre écran vieilli car, non, un écran ne garde pas ses qualités d’affichage avec les années qui passent…

Le cas des iMac

Les écrans d’iMac ont pendant longtemps cumulé trop de défauts pour convaincre les spécialistes photo, contrairement aux designers qui ne juraient que par lui. Défauts qui ont été gommé ces dernières années. Il en reste un, pas des moindres, les reflets. Le traitement de la surface est joli mais ces foutus reflets… Le calibrage des iMac était rendu médiocre compte-tenu de l’absence de bouton de réglage de la luminosité. Heureusement l’arrivée de sondes offrant cette possibilité leur a sauvé la mise grâce à la fonction ADC (Contrôle automatique de l’écran). Renseignez-vous sur les sondes proposant cette fonction. La Colormunki display est de celles-là.

Petite particularité chez Apple et sur certains portable, une fonction utile mais pas dans le cas du calibrage: Le réglage de la luminosité en automatique. A désactiver le temps de l’opération !

Les portables et tablettes

Pour les portables et tablettes, on utilisera également une sonde implémentée de la fonction ADC. J’ai parlé de la Colormunki ci-dessus.

Le rendu après calibration sera nettement meilleur sur tous les portables et tablette conçus avec une dalle IPS. Les derniers Macbook, tablette Surface ainsi que certains portables ASUS, DELL, ACER bénéficient bien du calibrage. CCFL ou LED blanches sont les technologies d’affichage à privilégier.

Quelle sonde choisir?

Les sondes Spyder sont peut-être les plus connues. La toute nouvelle, la SpyderXpro, offre des performances élevées avec un logiciel tout à fait convivial. Le calibrage est d’une simplicité déconcertante. C’est une excellente nouvelle mouture que nous propose la marque.

Sonde de calibrage spyderxpro

Autre possibilité la Colormunki Display, très performante également, qui intègre la fonction ADC. Une sonde excellente.

sonde de calibration colormunki display

Voilà, deux objets indispensables à tout photographe pour finaliser et parfaire son processus créatif. Pour ne rien gâcher, ces objets sont élégants, cliquez sur les photos et faites votre choix !

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